CAFE 2025 : unir les voix de l’Afrique pour sauver ses forêts et ses peuples
Kinshasa s’anime, du 25 au 28 août, au rythme d’un rendez-vous qui va bien au-delà des chiffres et des discours. Le Consortium des Fonds africains pour l’Environnement (CAFE) y tient sa 15ᵉ Assemblée générale annuelle. Derrière ce grand rassemblement se cache une ambition claire : préserver la richesse naturelle du continent, mais aussi améliorer la vie des femmes, des hommes et des enfants qui en dépendent chaque jour.
Organisée par le Fonds Okapi pour la Conservation de la Nature (RDC), la rencontre réunit des acteurs venus de toute l’Afrique et d’ailleurs : représentants d’États, ONG, bailleurs, entreprises et communautés locales. Ensemble, ils cherchent des moyens concrets pour protéger la biodiversité tout en répondant aux besoins vitaux des populations.
L’Afrique parle d’une seule voix
« Nous ne faisons pas que protéger des forêts ou des animaux. Nous protégeons l’avenir de nos enfants », a déclaré Victor Kabengele, président du conseil administratif du CAFE. Son réseau, qui compte 19 fonds fiduciaires, veut être un pont entre les savoirs traditionnels et les solutions modernes. Pour lui, l’Afrique n’est pas seulement victime du changement climatique : elle est aussi porteuse de solutions.
La RDC, cœur battant du continent
Le choix de Kinshasa et du bassin du Congo comme lieu de rencontre n’est pas anodin. Dans ces forêts, les peuples autochtones vivent en symbiose avec la nature depuis des siècles. Leur voix, longtemps ignorée, résonne désormais au centre des discussions.
L’Allemagne, partenaire historique, a investi plus de 250 millions de dollars pour soutenir à la fois la conservation et le bien-être des communautés. « Les forêts ne peuvent être protégées que si les peuples qui y vivent sont respectés et impliqués », a rappelé la représentante allemande des Affaires étrangères.
Entre promesses et réalités du terrain
Théophile Zognou, président du CAFE, a mis en garde : « La perte des écosystèmes africains ne serait pas seulement une tragédie pour nous, mais pour le monde entier. » Derrière ses mots, une vérité : chaque arbre abattu, chaque espèce disparue, fragilise aussi l’économie mondiale.
Mais la conservation ne se décrète pas depuis des salles de conférence. Elle se vit sur le terrain, dans des villages où les familles doivent souvent choisir entre couper un arbre pour survivre ou le préserver pour demain. D’où l’importance de trouver des financements éthiques, capables de concilier survie immédiate et avenir durable.
Trois jours pour dessiner un futur commun
La rencontre s’articule en trois temps forts :
- une plongée dans la biodiversité du bassin du Congo, véritable trésor mondial ;
- une remise de prix aux start-up qui inventent de nouvelles façons de protéger la nature ;
- et enfin, des recommandations pour transformer les paroles en actes.
À l’ICCN, Joël Wenga a rappelé un exemple inspirant : celui de Virunga Énergie, qui construit depuis 12 ans des centrales hydroélectriques dans le Nord-Kivu. « Nous prouvons qu’il est possible d’investir dans des projets durables même dans les régions les plus fragiles », dit-il avec conviction. Ces initiatives montrent qu’un autre avenir est possible, où développement rime avec respect.
Les communautés au centre
Au-delà des engagements financiers, les participants insistent : la conservation doit être vécue comme une aventure collective. Les habitants des zones protégées ne doivent pas en être les oubliés, mais les premiers bénéficiaires.
« Sauver la biodiversité, ce n’est pas seulement sauver les éléphants ou les forêts. C’est sauver des vies humaines, préserver des cultures et donner une chance aux générations futures », a résumé un représentant local.
Et à Kinshasa, entre les grandes annonces et les poignées de main, une conviction grandit : protéger la nature africaine, c’est aussi protéger ce qu’il y a de plus précieux – la vie elle-même.
La Rédaction

