L’Angola investit 200 millions de dollars dans une usine de dessalement à Mussulo
Quand l’eau douce devient mirage
Dans les rues poussiéreuses de Luanda, l’eau n’est pas qu’un besoin vital : elle est une attente, une quête. Le robinet qui coule est un luxe. L’Angola, riche de son pétrole et de ses terres, est pourtant traversé par une soif silencieuse. Les sécheresses se font plus longues, les nappes phréatiques reculent, et les familles, dans certaines provinces, consacrent des heures entières à chercher quelques litres d’eau.
Face à ce défi, le pays a choisi de tourner son regard vers l’Atlantique, immense et insaisissable, pour y puiser une réponse.
Une usine comme une promesse
Sur la péninsule de Mussulo, une langue de sable et de corail qui s’avance dans la mer, s’élèvera bientôt une usine de dessalement. Montant du projet : 200 millions de dollars. Derrière cette infrastructure, deux acteurs : Cox, spécialiste de l’eau et de l’énergie, et AMEA Power, qui porte les couleurs des énergies renouvelables.

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Leur mission est claire : transformer l’eau salée en une eau douce, limpide, capable d’étancher la soif des villes en expansion. Comme une alchimie moderne, l’océan deviendrait source, et la vague deviendrait verre d’eau.
L’océan, nouvelle frontière
Le choix du dessalement n’est pas neutre. Il raconte la bascule d’un continent qui refuse la résignation face au climat. L’océan, jadis perçu comme horizon lointain, devient réservoir. Comme une métaphore d’un futur où l’Afrique ne subit plus, mais invente ses propres solutions.
Mais derrière l’éclat de la promesse se cachent des questions. Le dessalement, on le sait, est énergivore et génère des rejets salins qui menacent les écosystèmes marins. Alors, comment concilier progrès technique et respect du vivant ? Comment s’assurer que le verre d’eau du citadin ne se transforme pas en blessure pour la mer ?
Une Afrique en soif de justice hydrique
L’expérience angolaise s’inscrit dans un combat continental. Du Malawi où les terres craquent sous la sécheresse, à l’Afrique du Sud où les citoyens deviennent vigies de l’eau, l’Afrique écrit une nouvelle page de son histoire avec ce liquide fragile.
Au dernier Sommet de l’Union africaine sur l’investissement dans l’eau, tenu à Cape Town en août, les dirigeants ont rappelé un chiffre qui résonne comme une alarme : 30 milliards de dollars manquent chaque année pour garantir l’accès universel à l’eau et à l’assainissement.
L’Angola, avec son projet de Mussulo, ne résout pas à lui seul ce gouffre financier. Mais il incarne un geste fort : celui de dire que la soif peut être combattue, non pas demain, mais aujourd’hui.
L’eau comme mémoire et avenir
Au-delà des chiffres, l’eau porte une charge symbolique et poétique. Elle est mémoire — des ancêtres qui cultivaient la terre fertile — et avenir — des enfants qui boiront demain. Elle est aussi miroir : de nos choix, de nos priorités, de notre rapport au vivant.
Si l’océan peut devenir verre d’eau, alors l’Afrique prouve une fois encore sa capacité d’inventer des réponses face à l’impossible. Ce projet n’est pas seulement une infrastructure, c’est un récit : celui d’un continent qui transforme sa vulnérabilité en puissance, et sa soif en horizon.
💧 En Angola, une usine de dessalement ne sera pas qu’une machine : elle sera une métaphore. Celle d’un continent qui apprend à boire l’océan pour continuer à rêver.
La Rédaction

