Éthiopie : la dernière bataille contre le ver de Guinée
Au bord des mares et des étangs de Gambella, l’eau n’est plus une menace mais une promesse. Jadis fléau implacable, le ver de Guinée ne survit plus qu’en deux districts. Tous les 28 jours, les villageois versent l’Abate®, larvicide sûr, pour briser son cycle. Ce rituel, répété sans relâche, rapproche l’Éthiopie d’un exploit mondial : éradiquer sans arme chimique ni vaccin, une maladie par la seule force de la vigilance collective.
Dans les plaines verdoyantes de Gambella, l’eau, source de vie, est aussi le théâtre d’un combat silencieux. Jadis fléau dévastateur, le ver de Guinée n’a plus aujourd’hui qu’un ultime bastion en Éthiopie : deux districts seulement, Gog et Abobo.
Des étangs sous haute surveillance
Chaque 28 jours, à l’aube, des volontaires sillonnent les sentiers poussiéreux, bidons d’Abate® en main. Dans chaque mare, chaque étang, ils versent ce larvicide doux, inoffensif pour les humains mais implacable pour le parasite. Le geste est simple, presque banal, mais il brise le cycle de vie du ver, empêchant sa résurgence.
« Un seul étang oublié, et tout peut recommencer », confie un coordinateur local. La vigilance est totale : chaque point d’eau est repéré, surveillé, traité. L’effort se répète, inlassablement, mois après mois, comme un rituel de protection.
Une lutte humaine, une victoire en vue
L’histoire du ver de Guinée est singulière. Contrairement à d’autres maladies, son éradication ne repose ni sur un vaccin, ni sur un médicament, mais sur la patience et la mobilisation humaine : filtrer l’eau, isoler les cas, traiter les étangs, informer les communautés.
Aujourd’hui, le monde compte moins d’une dizaine de cas par an, contre des millions dans les années 1980. L’Éthiopie, à l’instar de quelques zones résiduelles en Afrique, est à un souffle d’une victoire historique.
L’eau, de menace à promesse
Dans les villages de Gambella, l’eau qui portait autrefois la menace devient désormais promesse. Les enfants y jouent, les femmes y puisent, les hommes y travaillent, confiants dans la protection que leur offrent ces gestes collectifs.
Si l’Éthiopie parvient à éradiquer le ver de Guinée, elle offrira au monde une victoire rare : celle d’une maladie vaincue par la persévérance, la solidarité et l’intelligence humaine. Une page d’histoire écrite non pas dans les laboratoires, mais au cœur des villages, là où chaque goutte d’eau compte.
La Rédaction

